Je me sens fatiguée, vidée, épuisée, comme s'il y avait un trou béant en moi tellement profond qu'on ne pouvait plus y creuser, car ce puits est sans fond et tout s'y engouffre, petit à petit, consommant toute mon énergie, rejetant seulement des idées sombres, de la brume, et des cauchemars. Je n'arrive même plus à m'exprimer, plus à écrire, plus à crier, ma muse, effrayée, m'a quittée, elle aussi en son âme blessée, tellement blessée. Elle saigne, a mal, à en crever. Elle souffre en son coeur et les mots se répandent hors de son esprit, à travers les méandres du vide où s'engouffrent tous nos espoirs et nos vies repenties, là où tout disparaît, là où tout est parti. Les yeux mi-clos, mes maux m'étouffent, j'aimerais pouvoir tout dévoiler, hurler les douleurs qui nous bouffent, murmurer les vers qui nous rongent, déclamer les rimes de mes songes, j'aimerais voir enfin tout éclater, j'aimerais, peu à peu, me reposer.



