icone par moi
Le chagrin est une maladie chronique.
Un peu à l'image de l'hystérie, il y a la grande crise, et les symptômes permanents.
La première est caractérisée par des cris, des pleurs, des tremblements, parfois des accès de violence.
Pour les seconds, il y a un poids sur la poitrine, une boule dans la gorge, les jambes faibles, la migraine, des battements de coeur plus ou moins réguliers, la nausée, le manque d'air, la claustrophobie, l'agoraphobie aussi.
Toujours sur le même modèle, il convertit lui aussi l'angoisse en symptômes. Angoisse de la mort, angoisse de la perte, angoisse du vieillissement, angoisse de la disparition, angoisse de la douleur, angoisse de l'angoisse.
C'est lourd, ça fait mal, ça donne envie d'hurler ou de se rouler par terre.
Et pourtant on fait avec.
Ca génère des comportements plus ou moins étranges, plus ou moins stupides. Plus ou moins humains.
Envie d'une glace fondue au micro onde pour se rappeler des souvenirs, envie de regarder des dessins animés, pour la même raison, envie de partir en courant pour se défouler, envie de crier pour se faire entendre, envie de s'engueuler pour que tous les non dits sortent enfin, envie de bruit, envie de silence, envie de perdre patience, envie de se rouler en boule et de ne plus bouger, envie de penser, repenser, ressasser, envie de penser à autre chose, de se changer les idées, envie stupide de se regarder
Doomsday juste pour avoir une raison physique de douiller, en se disant que fatalement on se sentira encore plus mal après.
C'est lourd, ça fait mal, ça donne envie d'hurler.
C'est moche, c'est dur, et pourtant si facile, d'avoir du chagrin.
Y'a des instants où tout disparait, où ça va, où la pression disparait, où on se sent comme soulager. Où on se sent comme un sale enfoiré.
Y'a des instants où tout apparait, où tout va mal, où la pression nous étouffe, et on se sent compressé. Où on se sent lamentable, égoïste, et faible de douiller.
Le chagrin ne satisfait personne, peu importe la manière dont il apparait.
Pourtant c'est la plus facile des options qui s'offre à nous quand on fait face à l'impuissance.
On est si peu de chose.
Et pourtant on peut faire tant.
Et moi pour l'instant, je vais juste poster cet article, et à nouveau me demander quoi faire.
Tags : a day in the life, frackin' mood, out of order