
Parler n'est pas vraiment mon fort. Oui je sais ce que vous vous dites, je fais que ça ici. Mais pas vraiment. C'est différent.
Je n'ai personne de précis en face de moi qui me regarde dans les yeux. C'est pareil quand je vous parle à vous, "en direct", et qu'on parle de choses sérieuses. La plupart du temps d'ailleurs, c'est vous qui parlez. J'écoute, je conseille, je fais de mon mieux. Sans avoir un regard à affronter.
C'est parfois une facilité, quand c'est à mon tour de parler.
Ca devient douloureux quand les mots ne suffisent pas et que la meilleure solution sera de serrer fort dans ses vrais celui qu'on a en face de soit.
La seule et unique conversation "à coeur ouvert" que j'ai eu, c'était... En novembre, ou quelque chose comme ça. C'était au téléphone. J'ai passé de longues minutes à me demander ce que j'allais bien pouvoir dire, de longues minutes à pleurer, de longues minutes à me dire que je serai pas à la hauteur. L'appel n'a pas duré bien longtemps. J'ai eu bien du mal à garder mes larmes. Bien du mal à trouver mes mots. Je n'avais, personnellement, pas vraiment de raison de souffrir, mais je suis empathe, c'est comme ça. Les idées se chamboulaient, les mots mourraient au fond de ma gorge. A ce moment là, la seule chose qui aurait été réconfortante, c'était de la tenir dans mes bras. Aujourd'hui, on a eu une nouvelle conversation sérieuse. Pas de vive voix, mais une conversation quand même. C'est ça l'avantage avec internet, c'est qu'on a tout notre temps pour trouver nos mots, peser la mesure. On a pas de regard à défier, pas à se retenir de pleurer parce que de toutes manières personne ne peut nous voir. Bien sûr ça a aussi ses inconvénients. Je me suis faite avoir pas mal de fois là dessus, par ma naïveté. Croire que ça allait alors que c'était tout le contraire. J'essaie de me dire que c'est le passé. Aujourd'hui, je disais, on a eu une nouvelle conversation. Une conversation difficile, comme de nombreuses depuis un certain temps. Ca m'a fait mal. Mais j'ai encaissé, de toutes manières, je ne peux rien faire d'autre, et puis, je suis là pour ça. J'ai été surprise par ma "facilité" à accepter. En même temps, il n'y avait pas grand chose à redire. Chacun prend des décisions au cours de sa vie, faciles ou moins faciles, mais au moins il a ce mérite, celui d'avoir eu le cran. Le cran de choisir et pas de laisser le destin ou la fatalité, à vous de voir, pourrir son existence sans redire mot. J'aime à emmerder la destinée. Grande et jolie destinée qui nous dicte notre conduite sans qu'on puisse y faire quoi que ce soit : tu parles ! Il s'agit de nos vies. Et aux dernières nouvelles, avec le peu de facultés mentales qu'il nous reste, on est encore capable de décider ce qu'on veut faire de nos vies.
Ce que je sais, c'est que les mois, voire les années à venir ne vont certainement pas être faciles. Peut-être que cette destinée de mes deux va essayer de nous rattrapper, peut-être qu'elle voudra pas acquiescer sans mal. Qu'elle vienne. On fera face. Fight until we can't, comme disait l'autre...
Ce que je voulais dire, c'est qu'il y a un paquet de conversations que j'aurais jamais pu avoir en direct. Tout simplement parce que chez moi, les larmes montent vite quand il s'agit de parler sérieusement, et que les larmes me prennent les mots. Pardon de ne pas parler. Faut dire qu'on est pas très aidés pour ça dans la famille... Sûrement génétique. Je sais que tu es là, je sais que vous êtes là. Seulement si ça pouvait être naturel de demander un calin une fois de temps en temps, ça m'arrangerait bien lol.
Je suis nulle pour les relations humaines. Je vous ai déjà dit que j'étais nulle pour les relations humaines ? Et bien voilà. Je suis nulle pour les relations humaines. Et je sais pourquoi. Parce que je parle pas. C'est un reproche qu'on m'a fait recemment, je ne parle pas. Peut-être que les oreilles ne m'écoutent pas non plus. Peut-être que j'ai aussi ma part dans ce problème. Le fait est que, non, je parle pas. C'est très certainement pour ça que j'écris. Et donc pour ça que je suis nulle en relations humaines (x4). Les gens qui me côtoient ne me lisent pas. C'est là tout leur tort. Oui, bon, ok, peut-être qu'ils ne savent pas où me lire non plus. Et que si je leur dis pas que pour me comprendre il faut me lire, ils risquent pas de le savoir. Bref. Je suis quelqu'un de très, très chiant quand il s'agit de parler. De parler de moi, je veux dire. Je suis incapable de parler aux autres (c'est d'ailleurs pour ça que je me parle à moi-même ici, aie, ça sent la schizophrénie ça...). Donc j'écris ici... Et j'écris mes fictions. J'ai comme l'idée utopiste que mes écrits, mes fictions, sont une partie de moi, une partie de mon âme. C'est un peu de mes émotions, de mes sentiments, enfin, même beaucoup, et donc un peu de moi. Si Rodney a failli se retrouver avec une bouteille de whisky sous la pluie c'est qu'il y a une raison [lol] Enfin, là où je veux en venir, c'est que... Bon sang, personne ne lira cet article jusque là lol C'est pas grave... C'est juste que, moi, quand j'écris, et bien, je suis moi. Plus de masque, plus de faux-semblants, juste moi, et rien que moi. Pas de regard à assumer, même pas celui qui m'observe dans le miroir en faisant la liste de mes défauts, juste, moi. Bien sûr tout ce que j'écris ne reflète pas ce que je ressens, bien sûr j'ai jamais eu l'envie de me retrouver coincée dans un téléporteur avec un type qui me déshabille du regard (Non, je le jure lol), bien sûr j'ai jamais eu envie de planter quelqu'un de huit coups de couteaux, à la Psychose. Disons que tout n'est pas direct, et qu'il faut lire entre les lignes. Comment disait Yoda déjà... la douleur mène à la peur, la peur mène à la colère, la colère mène au mauvais côté de la force... ou un truc comme ça... C'est comme ça que ça marche. Je suis plutôt polyvalente : offrez moi de la douleur, je peux vous en faire de la dépression, de la panique ou de l'assassinat ! Faut que j'arrête cet article, je raconte n'importe quoi lol Mais c'est vrai quand même. Même si je m'égare un peu.
En conclusion : lis mes mots, et je te dirai peut-être pas qui tu es, mais plutôt qui je suis. Oui je sais, ça demande un effort. Il parait que les relations humaines c'est du 50/50. J'écris, vous lisez. Quoi que je sois pas sure que pour moi écrire soit un effort. Ce qui voudrais dire que je suis qu'une pure égoïste qui n'attends que de recevoir. On est pas sortis de l'auberge, hein... Je vous avais dit que je suis nulle en relations humaines...
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