Une Nouvelle Ere

Et la lumière fut

le 12/07/2008 à 19h31

Déjà Dead

le 16/07/2008 à 14h47

Je vous vois venir : un nouvel article dans cette catégorie, Ô non, elle va encore nous parler de télé.
Même pas vrai.

Déjà Dead, c'est le premier roman de la lignée à succès de Kathy Reichs. Si ce nom vous dit quelque chose, c'est sûrement parce qu'il figure au générique d'une certaine série appelée Bones : Temperance Brennan, c'est elle !

Ayant déjà vu la série, étant assez fan, il est certain qu'il est difficile de ne pas oser les comparaisons. Au début du bouquin, quand on nous décrit au fil des lignes les personnages, impossible de ne pas essayer de trouver l'alter-ego télévisuel de chacun. Ce qui n'est pas toujours très probant, il faut l'avouer.
Je dirais qu'il faut considérer ces livres et la série comme deux univers différents, puisqu'à part les corps et le nom du personnage principal, il y a peu de choses en commun.

Alors c'est parti pour mes impressions au sujet de Déjà Dead.

Ce qu'il faut savoir, et ce qui est un peu surprenant au début du bouquin, c'est que Tempe dans les livres, bosse au Quebec. Il faut donc s'adapter aux systèmes de police dont on a jamais entendu parler (leurs équivalents de la Criminelle, du FBI, etc.), de quartiers inconnus au bataillon, et bien sûr, de quelques mots de vocabulaires made in Quebec.
Au début, je ne me sentais pas forcément à l'aise avec tout ce tarbenac, et ces dialogues ponctués de 'chris' partout où les amerloques nous poseraient des 'damn', 'fuck' et autres douceurs. Il faut aussi dire que les insultes vont plutôt bon train, et que les personnages n'y vont pas par quatre chemins pour dire ce qu'ils pensent : de même, dans les premiers chapitres, ça reste étonnant. Comme tout, on s'y fait.
Ceci dit, je pense qu'en VO tout ça fait bien sûr plus naturel. Autre joie de la version originale du bouquin, à mon humble avis, les passages du français à l'anglais ; rappelons-nous qu'au Québec (à Québec ?), les gens parlent couramment l'un comme l'autre, mais chacun avec sa petite préférence. Ils peuvent commencer une phrase dans une langue et la finir dans l'autre : je suis certaine que rien que pour ça, la VO ne manque pas de fraîcheur.

L'autre petit détail dont il faut tenir compte c'est le fait que le première livre de la série des "Temperance Brennan" date de 1997. L'histoire, elle, se déroule en 1994. Ainsi, pas la peine d'espérer les voir sortir leur portable, de mémoire, je n'ai même pas lu ce mot une seule fois dans tout le bouquin ! Ça passe inaperçu pendant un bon moment jusqu'à celui où il y aurait vraiment besoin d'appeler quelqu'un et que ça nous démange de lui crier dessus de sortir son portable ; là on se rappelle ^^

Ces petits détails, j'avoue, peuvent mettre un peu mal à l'aise, si bien qu'au début on a du mal à juger du style de l'auteur : j'ai eu assez de mal à me décider de savoir si oui ou non j'aimais le style de Kathy Reichs, et si oui ou non après celui-ci, je me ferai les bouquins suivants.

Réponse : Oh que oui.
Finies les hésitations, quand on se plonge dans l'histoire, la culture, et la mentalité des personnages, on se sent comme à la maison.

C'est un thriller, on nous balance des images violentes, ce n'est pas pour les enfants, c'est assez trash par moment, mais la narration par Tempe, qui nous livre ses pensées et sentiments sur l'enquête, sur ses collègues, ses amis, sa famille, Tempe qui nous parle de ses vices et de ses angoisses, Tempe qui nous évoque ses frustrations, Tempe et son humour sarcastique, ça permet d'apprécier à 100% toute l'enquête.

Le danger principal, d'après moi, dans ce bouquin, c'était de plonger directement le personnage principal au centre d'une affaire. L'énorme risque c'est bien sûr de tourner la jolie trentenaire en Marie-Sue, et j'ai moi même fortement grimacé en lisant qu'elle était en danger jusqu'au cou.
Ce qui sauve l'affaire ? Ce qui ne la transforme pas en fille parfaite ? Ce qui fait que j'ai fini le bouquin en me disant que j'aime ce personnage ?
Jsais pas encore. Sûrement ses faiblesses si humaines, sûrement ses coups de gueule contre ses collègues ou ses amis, son caractère de chien, sûrement sa rage de se battre, sa curiosité, ce qu'il y a de sombre en elle, ses inquiétudes, mais aussi sa manière de temps à autre, de se raccrocher à des détails futiles ou innocent qu'elle nous rapporte, comme le confort restreint d'être assise sur un bloc de ciment, ou encore les yeux bleus acier d'un de ses collègues.

Même si le début me laissait un peu sceptique, Tempe m'a embarquée avec elle dans son histoire de dingue - et c'est vraiment le cas de le dire.
On y parle, bien sûr d'enquêtes, on y parle de meurtre, de perversion, on y parle de l'alcool, de la prostitution, de divorce, d'ados, de vieux amis ou encore d'obsession et un petit peu d'amour. On y parle des méchants, des gentils, des victimes, des tueurs, des gens normaux, on parle de ceux qui meurent, et de ceux qui restent.

Et une des choses que je retiendrais de ce bouquin, c'est une fois de plus le moment si captivant où on en comprend le titre. Déjà dead.
Au delà des simples mots, la seconde dimension du titre se comprend entre le milieu et la fin de ce pocket de 542 pages. Et ça nous laisse avec une certaine pointe d'émotion.

Je dirais que c'est essentiellement une histoire de recherche, d'enquête, d'homme à prendre, et aussi d'angoisse. On y trouve cette angoisse et cette adrénaline que l'on partage avec le personnage principal, et aussi parfois la frustration face à ce qui l'entoure.

Dire que j'ai été émue serait faux, je n'ai pas versé de larme ou gémit de douleur comme avec un Coben. Mais ce n'est pas pour autant qu'il ne s'agit pas d'une bonne histoire, avec des personnages qu'on apprécie, d'autre qu'on déteste, certains même qu'on aime détester, un bouquin avec des surprises et des sursauts, avec beaucoup d'humanité, et un bouquin qui donne envie surtout de lire les six suivants.

 

Tags : litterature

Utopia...

le 24/07/2008 à 00h04
(icon by me)

Y'a certain jour où j'aimerais que tout aille comme il faut, des jours où avoir une vie parfaite ça serait ne pas se taper la cohue dans les magasins ni avoir quelqu'un qui vous énerve avant même le petit déjeuner. En même temps, tout le monde devrait le savoir, que tout m'énerve avant le petit déjeuner, alors pourquoi est-ce qu'ils tentent d'entrer en communication comme ça ?!

Y'aurait aussi le fait de pas avoir des horaires anarchiques, où je sais même plus quand je dors et quand je suis éveillée, ou bien quand je suis sensée dormir. Ça serait sympa d'avoir un rythme de vie correct, avec des activités régulières, et tout et tout.
J'aimerais que l'adrénaline qui puisse circuler dans mon corps ne soit pas uniquement généré par une histoire de ship dans un bouquin ou une course poursuite à la télé.

Oui, en fait, j'ai juste envie de plus être en vacances, quoi...

Le monde parfait ça serait aussi celui où ma mère arrête de s'inquiéter pour tout et apprenne à déléguer les tâches, mais si c'était le cas, ce serait plus vraiment ma mère.

Le truc que j'apprécierais vraiment c'est de plus avoir l'impression que ma dernière fic est un tissu de douleur et de peine avec de la dentelle de dépression brodée sur les bords. Je présume que je dois sûrement exagéré, et prendre son contenu trop au sérieux : après tout, ça n'est qu'une histoire, les gens ne trouveront pas ça si sombre.
C'est sûrement le fait que j'écrive avec ce que j'ai dans le ventre qui me fait voir tout ça sous d'aussi sombres augures, il faut dire que les meilleures scènes sont celles où ça étouffe de chagrin, allez donc savoir pourquoi.

Samedi, je suis de mariage.
(Wahou le scoop.)
J'aimerais que ça se passe tranquillement, qu'on crève pas de chaud, que le curé soit pas trop chiant, que la journée passe vite, que les invités ne m'énervent pas, j'aimerais que le repas soit bon, j'aimerais ne pas m'ennuyer, j'aimerais rigoler, m'amuser, danser comme ça fait très longtemps que j'ai pas dansé, et simplement garder de très bon souvenir sans que personne se mette à penser aux problèmes quelconques et à ceux qui manquent.

Ouais.
En gros, je rêve trop.

Tags : a day in the life, Gisèle & I, out of order

Passage Mortel

le 29/07/2008 à 03h05
A peine dix jours après Déjà Dead, je viens de terminer le deuxième tome de la saga à succès de Kathy Reichs : Passage Mortel.

Il faut dire qu'une fois l'ambiance posée grâce au premier livre, on se sent très vite à l'aise dans le monde de Tempe.

On finit par ne plus remarquer les températures glaciales, les lieux-dits méconnus, les précisions de langues et d'accents, et on se concentre sur le style fluide de l'auteur.
Temperance est fidèle à elle-même : professionnelle, compatissante, empathique même, sérieuse, bornée, frustrée, avec son caractère de chien, ses émotions humaines et aussi ses préoccupations girly.

Elle est drôle, elle n'a pas peur de s'auto-critiquer, elle laisse quelques gouttes de cynisme et d'ironie entre ses aventures et ses découvertes. Elle est curieuse et nous amène à toujours vouloir en savoir plus même si on craint ce qu'elle va bien pouvoir découvrir.

Je trouve vraiment que les personnages sont bien menés, pas de Marie Sue, de personnages trop lisses ou trop parfaits, ils ont tous leur compte de coups bas, de cicatrices, et de fantômes.

On continue de se mordre les lèvres aux descriptions des corps sur sa table, de grincer des dents aux détails des douleurs physiques, on frissonne avec elle pendant ses coups d'angoisse, et je dois bien avouer que les quelques dérapages relationnels dans le livre ne laisseront personne indifférent.

J'apprécie les détours historiques, les débats sociologiques, l'anthropologie, la science des insectes, la crimino et la psychologie qui réussissent à s'entre-mêler dans le bouquin pour rendre le déroulement de l'intrigue crédible sans pour autant être complexe.
J'aime le fait que le livre nous mélange à la fois les enquêtes policières et la vie privée du personnage, ses émotions et ses pensées retranscrites par la narration à la première personne toujours aussi agréable à lire.

La certaine audace de Reichs se trouve aussi dans le fait que, pour le 2ème livre consécutif sur deux, Tempe trouve des réponses dans un de ses rêves. C'est son inconscient qui relie les pièces du puzzle quand elle se refuse à les voir, et qui lui balance en pleine face pour qu'elle fasse enfin les liens.

Et une des clés de l'accélération de l'intrigue est cet manière de narrer l'histoire, d'un point de vue postérieur aux faits. Ainsi, Tempe nous raconte ce qui se passe sans jugement a posteriori pendant de nombreux chapitres, si bien qu'on voit les choses se présenter les unes après les autres sous notre regard. Et c'est à ce moment là qu'intervient une vision rétroactive qui fait s'accélérer le tout, les évènements s'enchaînant à partir du moment où elle va nous dire quelque chose comme "En y repensant, je me demandais si à ce moment là j'aurais pu changer les choses..."
Une bonne manière de nous mettre encore plus la pression, en somme, de nous dire que quelque chose de terrible va se produire, ou plutôt s'est produit et qu'on ne peut rien y changer.

Un spectacle sublime.

Ainsi, au cas où vous ne l'auriez pas compris, je vous conseille vivement ce second tome, au moins autant que le premier, et je vais de ce pas commencer le troisième.



Tags : litterature

I'm always all right.

le 01/08/2008 à 23h47
Je sais quels seront les tags de cet article avant d'en avoir écrit le contenu. Parce que je sais ce que je ressens avant même de mettre les mots dessus. Je me sens vidée, blessée, fatiguée, je me sens seule, terriblement impuissante, frustrée, j'ai l'impression d'étouffer. C'est toujours quand on croit enfin que la tempête se calme qu'on se prend une nouvelle rafale. Vous avez l'impression d'avoir déjà lu quelque chose du genre ici ? J'ai bien l'impression de l'avoir déjà écrit.
Je suis juste fatiguée des coups bas que la vie nous donne, je suis épuisée de ne pas comprendre où tout ça va nous mener. Lessivée de pas trouver quel chemin nous mènera à un peu de tranquillité.
J'arrive même plus à suivre le fil de mes pensées pour les taper.
J'ai des projets, des idées, je fais de temps en temps des plans pour mon quotidien, mon quotidien dont je me plains tellement, et c'est quand j'essaie de me motiver qu'à nouveau on me met des bâtons dans les roues. Nous tirer par les pieds pour nous désarçonner avant même qu'on soit remonté sur le cheval, je trouve pas ça juste.
Alors voilà, je suis triste, j'ai mal, je suis fatiguée, et bornée à retenir mes larmes parce que trop ont coulé. Pas dit que je réussirai.
Ma souffrance, tout ce que je sais en faire, c'est l'écrire, pour pas la ruminer. Alors voilà, je la pose en mot, mais j'arrive plus à la transformer. Y'a pas si longtemps, ma douleur, j'en faisais de la tristesse, de la frustration, j'en faisais de la haine, de la colère, de la folie, de la violence et de la perdition. Aujourd'hui tout ce que j'écris se résume en un bloc de souffrance brute, polie par la frustration, et toujours ces métaphores filées à la con.
Je suis pas tellement sûre que ça m'aide, même si j'en fais ma thérapie. Je suis même pas très sure que ça se lise, franchement ça doit pas être tous les jours digeste, le désespoir cimenté coups de couteau dans le coeur, mais j'arrive plus à en faire autre chose, alors... Y'a des jours où je me demande un peu si j'ai le droit d'écrire ce que j'écris avec le plus profond de mon âme, non pas par pudeur, ça j'en ai plus depuis un moment, mais plutôt par une espèce de question éthique, où je me demande si j'ai le droit de mettre sous les yeux de mes lecteurs des mots de douleur et de peine tellement lourd qu'ils font se fendre le papier sous leur poids.

Je pousse un soupir à fendre la pierre, les roches, les falaises, le béton armé, la page est noircie d'encre et pourtant j'ai la sensation qu'elle n'est pas terminée, je ne peux pas la tourner, mais j'aimerais tellement l'arracher.

Tags : a day in the life, frackin' mood, Gisèle & I

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